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20 janvier 2006

Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (film)

Article ci-dessous spoilant un peu, ouvert à ceux qui auront vu le film, ou lu le livre...

Ce troisième épisode est brillant !
Avec un an de recul et surtout, après avoir (re)vu les déceptions que sont les épisodes l'entourant (soit respectivement les épisodes 2 et 4), le Prisonnier d'Azkaban est une révélation, et l'adoubement au rang de spectacle autonome, réjouissant sur toute sa durée.

HP3 est un film de transition, accueilli avec bonheur à l'époque, parvenant à rendre un univers magique cohérent dans une logique visuelle tangible et magnifique, ce que les deux films précédents ne parvenaient jamais à accomplir, prisonniers d'intrigues un brin goles et d'un réal handicapé. De même, La coupe de Feu en prend un méchant coup dans la tête en terme de gestion de temps et de simple histoire, le pitch dévastateur (Voldemort is back) loupant son climax en pleine course contre la montre.


Culminant dans chacune de ses scènes à un bonheur à la fois cinéphile et purement "potterien" qui doit tout à sa mythologie moyenâgeuse, HP3 fonctionne brillamment grâce à la présence à la barre de Alfonso Cuarón, réalisateur bourré d'inventivité qui insuffle au trio Harry-Ron-Hermione une véritable présence à l'écran, en tant qu'icône martyre et non plus seulement en tant que personnages tirés d'un livre et jetés à l'écran.
Les scènes les incluant sont de véritables bouffées de bonheur judicieusement dirigées pour exploiter les potentiels de chaque situation rencontrée, tantôt comiques (la scène de défense collective contre un épouvantard est génialement montée), ou simplement dramatique (à la mort d'un personnage, les trois héros se prennent dans les bras l'un de l'autre, ce qui à l'écran devient un plan magnifique)

Citons aussi avec bonheur le sens du rythme développé par une intrigue imaginative, portée par la mise en scène de Cuarón :
- redéfinition de certains lieux qu'on aurait crû fixés : la cabane de Hagrid, maintenant en bas du château et baignant dans un Halloween ambiant, ou même, le rôle de transition qu'acquiert le saule cogneur,
- icônisation judicieuse des personnages grâce - paradoxalement - à un parti pris moderne (Hermione est à croquer, même en rose),
sens de l'ellipse quasi inné, ainsi que de la direction d'acteurs ou même de la répartie... la réussite est des plus envieuse, surtout vu la direction que prend la franchise actuellement : le quatrième film est un vaste clip de 2h30.


La puissance du tome 3, c'est donc son rapport au temps, sans cesse rappelé par des transitions inventives à base de rouages et d'horloges dantesques, précipitant les personnages vers un futur obscur auquel il n'ont pas de place. A ce propos, on ne peut que saluer Rowling pour sa deuxième partie de roman, brillamment menée, qu'elle qu'en puisse être la source tacite (le retour dans le temps et sa judiceuse exploitation).
Cuarón peut d'ailleurs se féliciter d'avoir mené son entreprise à bon port, quelles que soient les critiques évoquées par les fans du livre : delesté de ces à prioris, le film est une bombe de blockbuster réussi.

Servi par des décors profondément "burtonien" exploités jusque dans leurs moelles salvatrices (TOUTES les scènes de nuit, la château, la forêt), parsemé de figures emblématiques littéralement mortelles (le bourreau, les détraqueurs, et même cette teigne de Rogue), le film est d'une réussite visuelle indéniable. S'y ajoute un côté déviant où l'histoire injecte vicieusement et sous couvert parfois de l'humour des constantes fatales : Les interventions de Dumbledore ne font que reculer les échéances (cf. tome 6), Hagrid sera toujours un géant simple et maladroit, prisonnier de son ouverture d'esprit (cf. tome 4), Lupin est condamné par sa difficile condition, l'ignoble Queudver reste libre et anonyme car officiellement mort, et enfin, Sirius Black (Gary Oldman, juste génial), même acquitté dans les coeurs est toujours en fuite.

Avec sa somme de personnages, de situations, Le Prisonnier d'Azkaban a tout du chemin de croix lugubre, voire mortuaire.

6 Comments:

Anonymous Falstaff said...

ma petite soeur m'a fait mater le premier, ça m'a doucement fait chier (le pire de tout restant la scène de la partie d'échec, j'l'aurais tué le réal), par contre j'suis tombé sur la scène du bus dans celui là et les trois-quatre plans que j'ai vu avaient l'air bien fun.

en plus, john williams s'est déchiré sur la bo.

8:05 PM

 
Blogger wakounet said...

Waouh t'as une petite soeur ?

J'arrive plus à revoir le premier, le deuxième, pareil (vive Noel et ses diffusions)... le 3 passe infiniment mieux. C'est la jolie lecon qu'il faut en retenir.

Sinon t'as vraiment une petite soeur ? ^^

10:37 PM

 
Anonymous Falstaff said...

ouais. j'en ai même deux. étonnant, non ?

2:37 PM

 
Blogger wakounet said...

Comment tu survis ? Elles écoutent Lorie ?

7:36 PM

 
Anonymous Falstaff said...

non, c'est moi qui écoute lorie.

7:49 PM

 
Anonymous Anonyme said...

tres intiresno, merci

7:16 AM

 

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